Labo Essais Matériel

 LES SYSTEMES DE FREINAGE

Ces normes devraient être publiées au cours de l’année 2009.

La norme se présente en 2 parties :
-    Partie 1 : Les freins semi-automatiques, type Gri-gri, …
-    Partie 2 : Les freins manuels, types 8, tubes, plaquettes, …

1 – Les freins semi-automatiques :

     Placés sur le harnais de l’assureur ou directement sur le relais ces freins doivent arrêter automatiquement la chute du leader sans intervention des mains de l’assureur. Toutefois le principe de ces appareils étant aussi de pouvoir donner de la corde facilement ils peuvent ne pas bloquer automatiquement lors de très faibles chutes (donner de la corde ou bloquer sous faible vitesse correspondent à la même configuration) aussi est-il conseillé d’avoir toujours une main sur le brin libre de la corde, d’où le terme « semi-automatique » pour ces systèmes.

Deux tests dynamiques sont proposés :

-    Test de performance : chute de facteur 0.5 avec une masse de 80 kg (2m de chute pour 4 m de corde), correspondant au non retour au sol lors d’une chute après le 1er point d’assurage sur un mur artificiel normé (conforme EN ?) Exigence : glissement inférieur à 700 mm .
-    Test de résistance : chute de facteur 2 avec une masse de 80 kg ( 3 m de chute avec 1.5 m de corde) . Exigences : glissement inférieur à 1.5 m , ni l’appareil ni la corde ne doivent être endommagés.

Test statique :
    Soumis à une tension de corde de 8 kN ni l’appareil ni la corde ne doivent être endommagés.

Test de bloquage :
    L’appareil doit bloquer sous une charge de 3 kN, et lors de cette charge le glissement doit être nférieur à 300 mm.


2 – Les freins manuels :

Test Statique :
    Soumis à une tension de corde de 8 kN ni l’appareil ni la corde ne doivent être endommagés.

Test de capacité de freinage :
    Testés avec les cordes de diamètre minimal et diamètre maximal indiqués par le fabricant  les freins manuels doivent avoir une capacité de freinage au moins égale au 2/3 de la valeur présentée par ces cordes lorsqu’elles sont utilisées avec un nœud de demi-cabestan.

Test statique de retenue d’une charge :
    Une charge de 80 kg doit pouvoir être retenue en appliquant une force de moins de 15 daN sur le brin libre à la sortie de l’appareil.

Capacité à donner de la corde :
    En utilisant une corde de diamètre maximal vérifier que l’effort nécessaire pour donner de la corde est inférieur à 5 daN .




ARTICLES et RECHERCHES :

LE LABORATOIRE D'ESSAIS DE L'ENSA CONDUIT ACTUELLEMENT UNE ETUDE SUR LE COMPORTEMENT DES INSERTS DE FIXATION DES PRISES AMOVIBLES SUR SAE

 L'utilisation d'inserts pour la fixation des prises amovibles sur les structures artificielles d'escalade (SAE) est une technique couramment utilisée depuis 30 ans dans tous les pays. Si sur le principe cette technique donne satisfaction, quelques problèmes sont apparus récemment concernant le comportement de ces inserts lors du serrage (énergique) des prises.
Ce document a pour but de présenter les résultats des tests et mesures effectués en août et septembre 2011 au laboratoire de l'ENSA dans le cadre des travaux de normalisation des SAE.

arrowUne prise fixée sur son support doit :

  1. ne pas s'arracher sous les efforts de traction ou de poussée du grimpeur,
  2. ne pas tourner sous ces efforts.

Ces impératifs imposent un serrage énergique de la vis de fixation ce qui provoque des contraintes importantes dans les inserts et les panneaux. Les montages et démontages successifs et fréquents posent en outre un problème de vieillissement et de fatigue ainsi qu'un problème de tenue lors de l'introduction de la vis lors du montage de la prise.

En résumé l'insert ne doit pas tourner lors du vissage de la prise, ne pas tomber derrière le support lors de l'introduction de la vis, résister sans dommage ni rupture lors des montages et démontages successifs et ne pas tourner ni s'arracher sous l'effort de traction du grimpeur sur la prise (effet de bras de levier dû à la forme de la prise).

Avec l'aide de l'AFNOR plusieurs rencontres entre fabricants, la FFME et l'ENSA ont permis de préciser la nature des problèmes posés et les vérifications et tests à effectuer sur les matériels existants.

Le protocole des tests et mesures effectués et dont ce document a pour but de présenter les résultats, a été défini par la FFME et l'ENSA.

La réalisation de ce travail avait pour but de déterminer les caractéristiques (résistances aux sollicitations) et les faiblesses éventuelles des matériels afin de permettre ensuite d'étudier les possibilités d'amélioration.

Dans un deuxième temps les enseignements tirés de ces travaux devraient nous permettre de mieux préciser les exigences de la norme concernant ces équipements et de faire des propositions lors de la prochaine révision de cette norme.

Le protocole des essais a été élaboré par Gérard DECORPS de l'ENSA en collaboration avec Jean Charles HERRIAU et Vincent MARATRAT de la FFME. Les essais sont réalisés par Gérard Decorps.

11LES DIFFERENTS TESTS EFFECTUES ONT PORTE SUR :

  • Vérification de la tenue des prises sur panneaux enduit d'un anti dérapant.

a – Mesure des couples de serrage

b - Vérification que la prise ne tourne pas.

  • Mêmes essais sur panneaux lisses.
  • Mesure de l'effort axial engendre en fonction du couple de serrage.
  • Observation du comportement de quatre types d'inserts (déformations) en fonction du couple de serrage.
  • Observation de la résistance des inserts a la poussée au moment de l'introduction de la vis de fixation.

01

19Dans les semaines qui viennent, afin de déterminer les valeurs que nous proposerons lors de la future révision de la norme sur les SAE nous allons prolonger ces travaux par des mesures en situations réelles des efforts engendrés par les grimpeurs sur les prises d'escalade.

Gérard Decorps 2 novembre 2011


QUELLE RESISTANCE POUR LE MATERIEL D’ALPINISME ET D’ESCALADE


FORCE MAXIMALE DANS LA CORDE POUR LA PIRE DES CHUTES.
    Lors d’une chute en facteur deux (hauteur de la chute égale au double de la longueur de corde disponible) la Force maximale transmise par la corde est de 1200 daN, pour une masse tombante de 80 kg. Cette valeur est la valeur maximale pour la Force-choc exigée dans la Norme EN 892 (et UIAA 101) lors de l’essai dynamique sur les cordes.
    Pour cet essai une masse de 80 kg est larguée 2,3 m au-dessus d’un point de renvoi, soit une hauteur de chute  de 4,6 m pour une longueur de corde de 2,6 m (2,3m + 0,3m - distance entre le point de renvoi et le point de fixation de la corde-). Le facteur de chute est alors de 1,8 très proche de 2. La tension de la corde coté masse doit alors être au maximum de 1200 daN.
    Cette valeur de 1200 daN doit être ainsi considérée comme la force maximale qui peut être excercée par la corde sur le harnais du grimpeur lors de la pire chute. De cette valeur on déduit les résistances des différents autres matériels suivant leur utilisation.

FORCE MAXIMALE SUR LE GRIMPEUR ET SUR LE POINT DE RELAIS.

    Dans ce cas on considère l’assureur auto-assuré sur le relais, assurant directement le leader soit avec un frein placé directement sur lui soit avec le frein directement sur le relais.
Il n’y a pas de point de renvoi.En cas de chute du leader (facteur 2) toute la chaine d’assurage doit tenir 1200 daN : harnais, connecteurs,dégaines, sangles et point de relais.
    L’utilisation d’un frein d’assurage peut évidemment réduire significativement les forces eu jeu, mais si la corde se bloque en aval du frein ou si un nœud empêche le bon fonctionnement du frein, on peut se retrouver dans la pire des situations. Ainsi la sécurité du relais étant un point essentiel il est demandé à un tel relais de tenir au moins 1200 daN.
    Dès lors qu’un point de renvoi est en place, l’effort sur le relais est très diminué mais il s’applique vers le haut, d’où la nécessité d’avoir un relais multidirectionnel.
    Les freins manuels de type 8, tubes ou plaquettes perdent une grande partie de leur pouvoir freinant pour une chute directe en facteur 2, ils sont même dans ce cas là déconseillés, aussi dès lors qu’ils sont utilisés, le relais doit opérer comme premier point de renvoi.


FORCE MAXIMALE SUR LES POINTS DE RENVOI.

    Lorsque la distance entre points de relais et point de renvoi est faible ou lorsque le relais est utilisé comme point de renvoi la chute peut être pratiquement de facteur 2 et l’effort coté chuteur atteindre 1200 daN. Par « effet poulie » , il faut alors excercer une force de 1200 daN (frottements négligés) pour retenir la chute : le point de renvoi est alors soumis à 2x1200= 2400 daN. Dans la réalité les frottements et déformation de la corde sur le mousqueton de renvoi absorbent une énergie importante, et en moyenne on peut considérer que la force de retenue n’est que les  2/3 de la force excercée. Ainsi 1200 daN sont retenus par une force de 800 daN et le point est sollicité à 1200 + 800 = 2000 daN.

Notons qu’avec un matériel usagés (corde, mousquetons) on peut espérer des frottements supérieurs qui réduisent d’autant la force de retenue et donc l’effort sur le point.


FORCE SUR LE POINT DE RENVOI LORS DE L’ASSURAGE  DYNAMIQUE.

    Lors de l’assurage dynamique la force connue à considérer n’est plus celle du coté du chuteur mais la force maximale de freinage que le frein peut engendrer.
    De nombreuses études ont démontré que pour les freins manuels ( 8, tubes,plaquettes),
cette force de freinage est au maximum de 250 daN, et le plus souvent ne dépasse pas 200 daN. Cela dépend de la géométrie du frein, des caractéristiques de la corde et bien sûr de la force que la main de l’assureur est capable d’excercée. Dans ce cas le chuteur est soumis à une force F, telle que 2/3 F = 250 soit F = 375 daN, et le point est soumis à 250 + 375 = 625 daN. Cette valeur est considérée comme l’effort maximal auquel peut être soumis un mousqueton tant est que l’assurage dynamique est effectif. C’est ainsi que la norme sur les mousquetons demande une résistance minimale de 700 daN pour la résistance en doigt ouvert ainsi que pour la résistance transversale.


RESISTANCE MINIMALE DU POINT DE RENVOI

    Des études expérimentales ont démontré que lors de la chute minimale d’un grimpeur de 80 kg, l’effort sur le point de renvoi est au moins de 300 daN.La chute minimale est une chute au niveau du point de renvoi ou seule l’élasticité de la corde permet de chuter. On peut considérer cette valeur de 300 daN comme la résistance minimale acceptable pour un matériel d’escalade.



NOTE IMPORTANTE :

L’idée selon laquelle plus le leader progresse en posant des points d’assurage et plus le facteur de chute devient faible doit être très largement tempérée par la prise en compte « du tirage » sur la corde du aux nombreux frottements dans les mousquetons et sur le rocher. En effet si le tirage devient très important alors ce n’est qu’une faible longueur de la corde déployée qui va pouvoir s’étirer et diminuer la force d’impact. Ainsi un très fort tirage peut même mener  à un facteur de chute sur le dernier point proche de 2 ! le point donc alors être très résistant pour tenir en cas de chute. Il est donc très important d’éviter les situations avec fort tirage.

PLAGES DE RESISTANCES POUR LES MATERIELS D’ALPINISME ET D’ESCALADE
ET NOTAMMENT LES COINCEURS



 RESISTANCES   AU RELAIS   AU POINT DE RENVOI
 R >20 kN Si correctement placé,  suffisamment résistant pour tenir lors de la pire des chutes possibles Si correctement placé, suffisamment résistant pour tenir lors de la pire des chutes possibles.
 12kN <R< 20kN Si correctement placé, suffisamment résistant pour tenir lors de la pire des chutes possibles Si correctement placé, suffisamment résistant  pour tenir lors de la pire des chutes possibles, tant est qu’un assurage dynamique est utilisé et est effectif.
 7kN < R< 12 kN  Non recommandé. Si on ne peut faire autrement doubler le point avec un matériel de résistance au moins équivalente de manière à diviser la charge sur chacun des points Si correctement placé, suffisamment résistant pour tenir lors d’une chute tant est qu’un assurage dynamique est utilisé et est effectif.
Mais insuffisant pour tenir des chutes importantes sans assurage dynamique
 3 kN < R < 7 kN  Non- utilisable pour un relais. Même utilisé correctement et avec un assurage dynamique effectif ne peut tenir lors d’une chute
Si possible, doubler le point avec un matériel de résistance au  moins équivalente de manière  diviser la charge sur chacun des points












LES CORDES DYNAMIQUES

Historique

La plus importante innovation dans le matériel d’alpinisme fut, à la fin des années 40, l’avènement des cordes nylon.

De par leur côté complètement statique, les cordes en fibres naturelles, type chanvre, amenaient souvent une issue fatale à la chute du grimpeur de tête. Au contraire, les cordes en fibres synthétiques, de part leur élasticité, permettent de réduire la force d’impact à une valeur supportable pour le chuteur et surtout bien inférieure à la résistance à la rupture de la corde.

Le premier référentiel normatif sur les cordes est né des travaux de la Fédération Française de la Montagne (FFM) au début des années 50 (travaux de Mrs DODERO et…….).
Un label FFM était créé, ces exigences demandaient 2 chutes en facteur 2 minimum, et déjà une force d’impact inférieur à 12 kN.

10 ans plus tard, était créé le Label UIAA (1963), qui demandait au moins 3 chutes, puis en 1975, le nombre de chutes passait à 5.


Les normes Européennes EN 892 et UIAA 101 :

La normalisation des cordes d’escalade est comme toute normalisation, un mode de qualification de ces produits. Les principales qualités demandées aux cordes sont :

  • Le pouvoir d’absorption de grandes énergies avant de s’endommager puis de se rompre
    Ce critère est défini par le nombre de chutes que peut supporter une corde avant rupture. Le test, réalisé avec une masse tombante de 80 kg représente la pire chute envisageable en alpinisme et escalade, le facteur de chute étant proche de 2 (fc = 1,78). La distance entre le relais où la corde est fixée et le point de renvoi est de 0.30 m et la longueur de corde utilisée est de 2.3 m, soit une chute de 4.6 m.
    Il s’agit d’un test très sévère puisque à chaque chute c’est la même partie de la corde passant dans le point de renvoi qui est sollicitée. La corde finie toujours par casser au niveau du point de renvoi puisque à cet endroit la section de la corde n’est pas uniformément sollicitée (la partie extérieure est plus tendue que la partie intérieure en contact avec le mousqueton. Dans la réalité, la corde n’est pas attachée à un point fixe mais passe dans un frein d’assurage, l’assurage est alors dynamique et la longueur de corde passant dans le point de renvoi varie de 1 à plusieurs mètres, diminuant d’autant la force choc, le nombre de chute avant rupture est alors multiplié par 10.
  • Le pouvoir d’amortir les chutes et ainsi de réduire la force maximale de choc
    C’est la propriété élastique de la corde qui est ici testée.
    La valeur de 12 kN retenue est importante (elle correspond à une déccélération moyenne de 15 g ), c’est une valeur limité physiologique pour le corps humain au-delà, des séquelles irréversibles peuvent apparaître. La réalité est heureusement moins dramatique.
    Grâce à l’assurage dynamique d’une part, et le bon positionnement des points de renvoi, d’autre part, (évitant un tirage important qui augmenterait d’autant le facteur réel de chute sur le dernier point de renvoi) on peut considérer que pour 99 % des chutes, la force d’impact sur le grimpeur est de moins de 6 kN. Voir ci-dessus l’article : « quelle résistance pour les matériels d’alpinisme »

    Cordes à simple – Masse : 80 kg – N = 5 chutes – Fc = 1200 daN
    Cordes à double – Masse : 55 kg – N = 5 chutes – Fc = 800 daN
    Cordes jumelées – Masse : 80 kg – N = 12 chutes – Fc = 1200 daN

  • Des allongements dynamiques et statiques limités
    Les cordes pourraient être très élastiques et ainsi diminuer la Force choc, ce qui, d’un point de vue mécanique irait dans le sens de la sécurité, mais alors d’une part la corde s’allongerait beaucoup trop lors d’une chute et d’autre part, pour certaines manœuvres comme le blocage du grimpeur, les rappels, remontée sur corde fixe, manœuvre de sauvetage, cela constituerait un inconvénient majeur.
    Ainsi, la norme prévoit une limitation de l’élasticité :
    -    Elasticité dynamique :
    Lors de la première chute, la corde ne doit pas s’allonger de plus de 40 %. 
    [e < 40 % ]
    -    Elasticité statique :
    Corde à simple : 10 % maximum d’allongement sous 80 kg
    Corde à double : 12 % maximum d’allongement sous 80 kg

Un glissement de la gaine sur l’âme limité :
Lors de la conception de la corde, la gaine est tissée sur l’âme d’une façon plus ou moins serrée. Si le tissage est lâche, la corde sera très souple, mais après utilisation la gaine peut alors glisser sur l’âme (effet de « chaussette »). Afin de limiter cet effet, la norme prévoit un test de glissement de gaine : la corde est placée dans un appareil occasionnant un frottement important, lorsqu’on étire la corde trois fois de suite de cet appareil, le glissement gaine/âme doit être inférieur à 2 %. [ g < 2 %]

Souplesse au nœud
Un nœud est réalisé sur la corde et une tension via une masse de 10 kg est appliquée, il doit être impossible d’introduire dans le nœud une tige égale à 1.1 le diamètre de la corde lorsque la tension est ramenée à 1 kg.

C’est l’anti-test du glissement de gaine. Si, pour éviter un glissement de gaine trop important, le fabricant « serre » trop la gaine sur l’âme, alors la  corde peut être trop rigide et ne pas passe ce test.

Au prétexte qu’un utilisateur n’achètera jamais une corde trop rigide, ce test a été supprimé de la norme. En effet, une corde souple est plus maniable et permet de faire facilement des nœuds qui sont d’autant plus difficiles à desserrer après une tension, tandis qu’une corde rigide, moins maniable, peut garder des nœuds lâches qui peuvent, dans certains cas, se défaire de manière intempestive.

Pourquoi un test avec 55 kg pour les cordes à double ?

Les cordes à double sont prévues pour être utilisées en brins séparés de manière alternative. L’exigence retenue est qu’un seul brin doit donc pouvoir retenir une chute de facteur 2 avec une masse de 80 kg. Faire un test sur une seule chute est trop discriminant (problème de reproductibilité du test) aussi, on a cherché qu’elle masse il fallait utiliser pour que 5 chutes avec une telle masse soit équivalentes à une seule chute sous 80 kg. Une étude scientifico-empirique a démontré que les critères « nombre de chute » et « masse » étaient liés par la relation : Nm4 = constante. On a ainsi : 5 x 554 = 1 x 804

Pourquoi 12 chutes pour les cordes jumelées ?

Les cordes jumelées s’utilisent exactement comme des cordes à simple, le nombre de chute demandé devrait être de 5. Mais, sur un tel critère, les fabricants auraient été en mesure de réaliser 2 brins de corde de 6 mm de diamètre, ce qui posait le problème de la prise en main de telles cordes pour le freinage des chutes. D’autre part, dans la réalité les 2 brins ne sont jamais sollicités avec la même tension. Ainsi, sur une chute extrême, un des 2 brins pourrait se rompre ou s’endommager sérieusement. Ces considérations ont amené la normalisateur à choisir de manière empirique le nombre de 12 chutes. A l’ époque (1990), cette exigence permettait la réalisation des cordes jumelées de 8 mm de diamètre minimum (avec les progrès, aujourd’hui -2008- un modèle de diamètre 7.6 mm est sur le marché).

 

ARTICLES et RECHERCHES :
Vieillissement des cordes (J.-F. CHARLET - 1990)
Bien choisir sa corde (J.-F. CHARLET - 1992)
Le Kevlar (J.-F. CHARLET - 1995)
Encordement sur arête rocheuse horizontale


LES NORMES INTERNATIONALES ISO SUR LE MATERIEL DE SKI ET DE SNOWBOARD



Il existe plus d’une trentaine de normes sur ces matériels. La plupart de ces normes sont uniquement descriptives et établissent d’une part, des définitions pour des caractéristiques géométriques et techniques des matériels ainsi que les méthodes à utiliser pour définir ces critères et d’autres part des caractéristiques minimales en vue de l’interchangeabilité des matériels.
Les normes pour les fixations de sécurité pour le ski alpin échappent à cette généralité. Elles définissent en effet des exigences mécaniques très contraignantes en vue d’assurer une sécurité maximale de l’utilisateur.

LES NORMES ISO POUR LES FIXATIONS DE SKI :

Article de Mr Alexis BALLY  Professeur à l’EPFL de Lausanne
 Paru dans la revue suisse « MACOLIN » No2 /1989 :

CONSIDERATIONS GENERALES

Sur le terrain, la fixation est sollicitée par des efforts de durée relativement longue, apparaissant en neige profonde ou lors de chutes lentes. A ces efforts se superposent des efforts de faible durée, mais dont l’amplitude peut être très importante.

Ces derniers apparaissent, par exemple, lors de chocs dus à des irrégularités de terrain, lors de prises de carres sur neige dure, etc… La libération de la chaussure (déclenchement) doit intervenir dès qu’une combinaison quelconque d’efforts atteint une durée et ou/ une amplitude suffisantes pour mettre en danger le skieur.

Cet objectif n’est que partiellement rempli par les fixations actuelles. En effet, celles-ci ne déclenchent que dans un nombre limité de directions (en général seulement en torsion et en avant) et réagissent assez mal lorsque apparaissent simultanément des efforts dans plusieurs directions. Par exemple, lorsque au cours d’une chute, le skieur subit à la fois un couple de torsion de la jambe et un couple de flexion en avant, le niveau global des efforts dans la jambe peut être dangereux même si, considérées séparément, les composantes en torsion et en flexion avant sont situées au-dessous du seuil de lésion et sont insuffisantes pour provoquer le déclenchement de la fixation.
La raison de cette situation réside d’une part dans le fait que les efforts, en se superposant, provoquent en général une sollicitation accrue de la jambe et, d’autre part, dans le fait qu’ils provoquent, sur la fixation, des frottements parasites qui en augmentent le niveau de déclenchement.

LE REGLAGE OPTIMUM EST UN COMPROMIS

Lorsqu’on s’occupe du réglage, on a affaire à deux sortes de risques :

- risque d’accident par déclenchement intempestif,
- risque de lésion en cas de chute par non déclenchements.

Pour chaque direction de déclenchement où un réglage est possible, il s’agit de trouver un compromis entre ces deux risques, c'est-à-dire de faire en sorte que leur somme soit minimum (voir figure de la page précédente).

Comme dans tous les domaines touchant à la sécurité, il n’existe pas de solution à un risque résiduel nul. Dans le cas du réglage, ce risque résiduel est dû en grande partie aux imperfections des fixations actuelles, évoquées plus haut.

TABLEAUX DE REGLAGE
La mise au point de tableaux de réglage consiste d’une part à rechercher, pour chaque direction de déclenchement, le niveau d’effort pour lequel le risque total est minimum et, d’autre part, à définir les paramètres décrivant le mieux la morphologie du skieur et sa manière de skier. Le choix de ces paramètres devra, lui aussi, être un compromis entre deux exigences contradictoires :

-    tenir compte au mieux de toutes les influences dominantes,
-    permettre l’application simple de la méthode de réglage dans la pratique.

Ainsi, de nombreux paramètres peuvent être considérés pour le réglage : état de la neige, condition physique et attitude du skieur face au risque, caractéristique de la chaussure et du ski, etc. Il est cependant exclu de tenir compte de tous les facteurs séparément, sous peine de rendre les « tableaux » inutilisables.

Actuellement, deux tableaux sont reconnus au niveau international et font l’objet d’une norme ISO (International Standard Organization ou Organisation Internationale de Normalisation). Ils se limitent, pour l’instant, aux déclenchements en torsion et en avant, et ils se distinguent par l’approche ayant conduit à leur élaboration et par les paramètres utilisés pour décrire le skieur.

TABLEAU BASE SUR LE POIDS DU SKIEUR
C’est la méthode utilisée en France.

Ce tableau a été développé de manière quasi indépendante aux Etats-Unis et en Suisse et a été refondu en un « tableau » commun, adopté comme norme ISO. Le paramètre principal est le poids du skieur, corrigé au besoin en fonction de sa taille. Les paramètres secondaires sont la manière de skier et l’âge.

Ce « tableau » a été élaboré à partir de la notion de « minimum skiable » c'est-à-dire du niveau minimum permettant de skier avec un risque acceptable de déclenchement intempestif.
Ce « minimum skiable » dépend du skieur, mais également de la fixation. A l’époque des fixations « à bille », déclenchant au moindre choc, il était relativement élevé. Actuellement, les fixations permettent un certain déplacement dit réversible de la chaussure et absorbent ainsi beaucoup mieux les chocs, sans déclencher inutilement.

Aussi, le « tableau » de réglage établi, à l’origine, à la suite de campagnes d’essai sur neige effectuées à l’aide du matériel de l’époque, a-t-il été plusieurs fois révisé à la baisse en tenant compte des essais effectués depuis sur des fixations récentes.

L’approche dite du « minimum skiable » est en fait adoptée de manière plus ou moins consciente et systématique par de nombreux skieurs pour leurs besoins personnels. Elle peut être pratiquée avec les variantes suivantes :

-    Skier en « durcissant » progressivement les fixations (réglage initial bas) jusqu’à disparition des déclenchements intempestifs,
-    Skier en « détendant » progressivement les fixations (réglage initial élevé) jusqu’à apparition des déclenchements intempestifs, puis en « durcissant » légèrement,
-    A l’arrêt, déclencher par effort musculaire (réglage initial bas) puis « durcir » progressivement jusqu’à ce que le déclenchement demande un effort musculaire important, mais situé au-dessous du seuil de douleur (cf. croquis ci-dessous).

Contrôler ensuite ce réglage dans le terrain en recourant à l’une des deux variantes précédentes. Cette pratique permet de trouver plus rapidement le réglage optimum et, donc, de réduire le temps d’exposition aux risques liés au premiers tâtonnements.

Utilisées individuellement par le skieur et avec un mode opératoire correctement choisi, l’une ou l’autre de ces variantes peuvent donner de bons résultats. Malheureusement, elles sont rarement pratiquées de manière systématique et conduisent trop souvent à des valeurs de déclenchement très élevées. De plus, l’expérience acquise ainsi par le skieur ne profite qu’à lui seul.

 Par contre, pratiquées à grande échelle, de manière contrôlée et avec mesure des niveaux de déclenchement obtenus, elles permettent d’établir des « tableaux » chiffrés pouvant servir ensuite à tous. Les « tableaux » ASTM (American Society of Testing and materials) et BPA, élaborés sur la base de ces principes, proposent des niveaux de déclenchement convenant à 90 pour cent des skieurs du point de vue absence de déclenchement intempestif, tout en réduisant fortement le risque de lésion en cas de chute.

TABLEAU BASE SUR LE DIAMETRE DE LA TETE DU TIBIA

Ce « tableau », utilisé en Allemagne, a été développé par un groupe de chercheurs de la région munichoise.

Il est basé sur les idées suivantes :

-    Le tibia est l’élément le plus faible de la jambe ; sa résistance en torsion et en flexion avant constitue un critère valable pour le réglage des fixations ;
-    Le fait de limiter, par déclenchement de la fixation, les couples de torsion et de flexion avant dans la jambe suffit pour garantir que l’effort total dû à la superposition d’efforts dans plusieurs directions reste dans des limites acceptables, à conditions de tenir compte d’un coefficient de sécurité convenable ;
-    Les couples de torsion et de flexion avant auxquels est soumise la jambe pendant le ski « normal » (sans chute) sont très inférieurs aux couples de rupture du tibia.

LE PROBLEME DE LA RUPTURE DU LIGAMENT CROISE ANTERIEUR (LCA) SURTOUT CHEZ LA FEMME :

Les études statistiques sur les accidents de ski ont montré que les femmes sont 3 fois plus exposées que les hommes à des ruptures du LCA. Le tableau de réglage des fixations pour les femmes, pour les mêmes caractéristiques de skieurs, demande donc de moindres valeurs de réglage de la fixation.

VOIR SITE WEB « Association Française des Médecins de Stations de Sports d’hiver »


TABLEAUX SIMPLIFIES DE REGLAGE DES FIXATIONS DE SKIS ALPINS :